Nos débuts au conseil régional du Nord-Pas de Calais

Un vent de jeunesse et de renouveau souffle sur le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Les femmes ne sont pas en reste, loin de là. Parmi ces nouveaux arrivants, certains font leurs premiers pas en politique, d’autres se découvrent une vocation et d’autres encore, décident de sortir de l’ombre ou confirment un engagement politique précoce. Portraits de quatre conseillers régionaux.

Valérie Pringuez ou la surprise de ce scrutin

De longues journées. Désormais, c’est ce qui attend Valérie Pringuez.  À peine élue au conseil régional qu’elle est déjà sollicitée de partout. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas avare de son temps.  Débarquée d’un train en provenance de Rennes, Valérie Pringuez cherche une prise de courant pour recharger la batterie de son téléphone portable avant de répondre à nos questions. « Il faudra jongler avec le temps !», avoue-t-elle.

Malgré sa récente élection, puis adhésion au Parti communiste, la syndicaliste Pimkie tient à le rester :

« Je n’ai surtout pas envie de devenir moi aussi un apparatchik, donc je resterais sur le terrain, dans mon entreprise, c’est là que j’aurais la réalité des faits. Ce sera difficile, mais je pense que les deux sont compatibles.»

Après la lutte, elle découvre l’hémicycle. « Je suis en train de lire une sorte de gros rapport datant de 2008 et j’apprends beaucoup de choses sur le conseil régional et son fonctionnement.» Elle admet volontiers qu’un certain temps d’adaptation lui sera nécessaire. « J’écoute énormément et tout le monde, y compris le Front national.» Pour Valérie Pringuez, écouter l’adversaire permet de le contrer. (Voir l’interview intégrale)



Majdouline Sbaï plaide pour l’écologie politique

« Je suis amoureuse de ma région », confie Majdouline Sbaï, 32 ans, nouvellement vice-présidente à la citoyenneté et aux relations internationales. Roubaisienne diplômée en sociologie, elle siège désormais au conseil régional sous l’étiquette d’Europe Ecologie (EE).

De père marocain et de mère algérienne, Majdouline s’est d’abord investie au sein du mouvement associatif, en créant l’Université populaire et citoyenne de Roubaix, un important lieu de débats.

Si elle est attachée à sa région, elle est également une fervente écologiste. Militante d’abord chez les Verts en 2001, puis à EE, où elle dit avoir trouvé sa place. Egalement chercheuse, elle a de nombreuses fois collaboré avec le ministère de l’Environnement.

Son rêve : « Une écologie politique qui serait une réponse aux problèmes du pays. » Son projet : « Intégrer la notion environnementale à chaque décision qui sera prise. » Son espoir : « Mener à bien le projet pour lequel j’ai été élue, non seulement avec mes camarades d’EE, mais surtout avec toutes les forces de gauche. »

Intarissable, Majdouline Sbaï connaît par cœur son discours lorsqu’il s’agit de défendre le projet d’EE. Elle est capable de vous noyer sous ses paroles, sans jamais se mouiller elle même. Discrétion, modestie et collectif sont ses maîtres mots. (Voir l’interview intégrale)



Gérald Darmanin : « La politique n’est pas une fin en soi »

A 27 ans, Gérald Darmanin est déjà un vieux routard de la droite. Encarté au RPR à l’âge de 15 ans, il rentre en politique par « envie d’aider les autres ». Parmi ses mentors politiques : le géneral de Gaulle, « source d’admiration et d’inspiration sur ce qu’un homme politique doit faire », mais aussi Jacques Toubon, son « premier patron politique », Xavier Bertrand ou encore Philippe Vasseur, qui l’a encouragé à revenir dans sa région natale.

Aujourd’hui, il se dit fier de son élection au conseil régional. Siégeant déjà au conseil municipal de Tourcoing et à la Communauté urbaine de Lille, l’homme déclare avoir « dépassé le stade d’être impressionné » par la fonction régionale. Il pense déjà à son dada, les finances publiques, et espère pouvoir livrer sa première bataille politique : « Contrôler la bonne utilisation des deniers publics. »

L’enseignant en droit public a une haute idée de la politique, il souhaite éradiquer « le bourgeoisisme politique », ce carriérisme qui guide certains élus. Pour lui, « la politique n’est pas une fin en soi (…) l’élection n’est pas un sésame, on peut apporter des idées, militer ». Et de poursuivre, philosophe :

« On peut faire aussi d’autres choses dans sa vie, on peut ouvrir un restaurant, éléver des canards ou s’occuper de sa famille. » (Voir l’interview intégrale)



Stéphanie Koca : la benjamine devra faire ses preuves

Une ascension fulgurante, pas moins. A tout juste 20 ans, Stéphanie Koca est la benjamine du conseil régional Nord-Pas-de-Calais. Quatrième sur la liste du Front national pour le Nord, elle fait partie des jeunes pousses que le parti d’extrême-droite a décidé de mettre en avant. Un sacré tremplin pour l’ancienne responsable de section jeunesse, encartée au FN depuis quatre ans.

Même si son coeur politique bat pour Marine Le Pen, Stéphanie Koca avoue apprécier « le charisme de certaines personnalités de gauche comme Olivier Besancenot qui essaie d’être proche du peuple. » Plus habituée au terrain, la jeune femme confesse une gêne de débutante lors de la première séance du conseil régional. Mais loin d’être complexée, elle estime que sa jeunesse peut apporter « un dynamisme nouveau », notamment face à une classe politique sclérosée.

« C’est toujours les mêmes, il n’y a pas de renouvellement, ils sont toujours enfermés dans leur sphère au lieu d’aller vers des jeunes qui ne demandent que ça », estime celle qui espère d’ailleurs que son élection précoce leur « donnera l’envie d’aller voter ».

Quand on aborde le chapitre de sa prochaine bataille politique, l’ambitieuse frontiste répond spontanément par son projet politique personnel. Une franchise qu’elle tempère aussitôt. Visiblement, la jeune étudiante en droit n’est pas encore rodée sur les principaux dossiers régionaux. Elle concilie « difficilement » bancs de la fac et mandat régional. Mais pas de regret sur son emploi du temps chargé « parce qu’[elle] aime ce qu’[elle] fait. » (Voir l’interview intégrale)


Amina Hadjiat et Carole Guirado-Cailleau

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