Quel avenir pour Valérie Létard dans le Nord-Pas-de-Calais ?

Lendemains de défaite électorale douloureux pour l’UMP. Vingt ministres candidats et autant de battus. Après son échec dans le Nord-Pas-de-Calais, la tête de liste Valérie Létard ne prendra pas la présidence de son groupe au conseil régional. Simple délégation de compétence ou désengagement significatif ? Retour sur une légitimité discutée.

  • Une tête de liste contestée

Primaires UMP, l’Elysée a tranché. En mars dernier, les adhérents UMP choisissent  Thierry Lazaro comme chef de file pour les élections régionales. Le score est sans appel : le député-maire de Phalempin remporte 77,55% des suffrages. En France, personne ne fait mieux. Mais stratégie nationale oblige, le Nouveau centre réclame des têtes de liste. L’Elysée a finalement le dernier mot et désigne Valérie Létard. Un passage aux forceps que s’empresse de dénoncer Thierry Lazaro. Dans le quotidien Nord-Eclair, il condamne « l’OPA » du Nouveau centre sur l’UMP. Pour lui, « les militants ont été bafoués ».

Le cœur d’Hervé-Marie Morelle, responsable des jeunes UMP de Lille, battait pour Thierry Lazaro :

« On pensait qu’il représenterait mieux les militants. Il avait tout l’appareil de l’UMP derrière lui. Pas mal de militants se sont senti abandonnés et n’ont pas souhaité faire campagne aux côtés de Valérie Létard ».

Marie-Sophie Lesne, conseillère régionale UMP souhaite quant à elle tourner la page des divisions internes. Pour elle, Thierry Lazaro « joue sur les mots ».

 

  • Priorité au ministère

On la disait en danger, Valérie Létard a sauvé in extremis son poste au gouvernement. Pourtant, au second tour des régionales, elle est la plus mauvaise élève des 20 ministres engagés : moins de 26% des voix dans le Nord-Pas de Calais. Alors, sanctionnera, sanctionnera pas ? Finalement, Xavier Darcos paie les pots cassés et quitte le gouvernement. En Aquitaine, le ministre du travail avait pourtant obtenu deux points de plus que sa collègue. Selon Marie-Sophie Lesne, il  a été un « fusible pour l’ensemble des ministres qui sont partis au combat et qui ont été battus ».



De son côté Valérie Létard soutien ne s’être « jamais sentie menacée » :

« A vrai dire, je ne me suis jamais posé la question. Si je me suis engagée dans une région que je savais difficile, ce n’est pas pour rester vissée à mon siège de ministre ».

Son de cloche différent dans les rangs UMP : « J’ai été surpris qu’elle reste au gouvernement », s’étonne un militant.

La tête de liste aurait-elle bénéficié son étiquette Nouveau centre ? La nomination de Marc-Philippe Daubresse au ministère des solidarités actives semble confirmer l’hypothèse. Dans sa commune de Lambersart, le PS est arrivé en tête. Mais le camouflet passe inaperçu et le député-maire centriste profite du mini-remaniement ministériel.

  • Un second rôle au conseil régional ?

Confirmée dans sa fonction de secrétaire d’Etat,Valérie Létard risque de s’éloigner de ses prérogatives locales. La tête de liste UMP n’a pas souhaité prendre la présidence de son groupe au conseil régional. Pour Marine Le Pen, ça ne change rien, Valérie Létard brille déjà par son absence.

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Refuser la présidence du groupe est un « choix personnel pour la première intéressée ». Valérie Létard réaffirme son engagement pour la région :

« Je suis membre de la commission permanente et reste politiquement présente. Je  préfère déléguer la présidence du groupe et m’engager sur des missions que je pourrai assumer pleinement. »

Côté UMP, on s’agace des emportements successifs de l’élue FN. Aux frontistes qui prétendent incarner la première force d’opposition au conseil régional, Philippe Rapeneau, président du groupe Majorité présidentielle rétorque :

« Nous serons une opposition constructive sur le fond et non sur la forme. Lors de la séance inaugurale du conseil, Marine Le Pen s’est époumonée mais n’a pas voté contre les propositions socialistes. Nous si. Alors je vous le demande : qui est la véritable opposition ? »

Et son mandat, Philippe Rapeneau ne le conçoit pas sans Valérie Létard :

« Je suis un président, fonctionnel, organisationnel, mais Valérie garde toute sa légitimité. Très clairement, elle reste la patronne. »

Anne-Laure Jean et William Galibert

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