Affichage : à chaque parti sa stratégie

Moment de rassemblement militant ou simple formalité de campagne, l’affichage électoral demeure une étape traditionnelle de la mobilisation partisane. La campagne des régionales 2010 dans le Nord-Pas de Calais n’échappent pas à la règle. Levé de rideau sur les dessous de l’affichage.

« Coller c’est militer », assène volontiers un militant communiste de longue date. Toutes tendances confondues, l’affichage électoral, tout comme le tractage, fait partie de la panoplie du parfait militant de terrain. Néanmoins, à pratique commune, la méthode diffère.

Vin-saucisson au PS

Du côté du Parti socialiste on défend un affichage militant ancré depuis longtemps dans une tradition de convivialité entre militants, explique Marjolaine, responsable presse de la campagne socialiste dans le Nord-Pas de Calais et militante de terrain à Roubaix :

« On se retrouve le soir ou le midi par groupes d’une dizaine. L’affichage est pour nous l’occasion de se retrouver autour d’un verre de vin et d’un bout de saucisson ».

Plutôt le soir à l’UMP

A l’UMP, le collage est une affaire de pros. « Les militants partent tard le soir ou tôt le matin en dehors des heures de boulot », explique Paul-Loup, jeune militant membre de l’équipe de campagne de Valérie Létard. La fierté des militants UMP est d’avoir été les premiers à coller sur les panneaux officiels :

« L’entreprise Clearchannel chargée de l’affichage officiel pour tous les partis a pris du retard. Alors, dès que les panneaux officiels ont été installés nos militants ont inondé d’affiches les emplacements réservés à l’UMP ».

« Pollution visuelle »

Attitude plus mesurée chez Europe-Écologie où l’affichage est perçue comme une formalité de campagne à accomplir uniquement sur l’affichage officiel :

« Nous ne pratiquons ni l’affichage libre (sur les emplacements réservés par les municipalités tout au long de l’année pour l’affichage associatif et politique), et encore moins l’affichage sauvage. Nous considérons que cela contribue à créer une pollution visuelle importante », note-t-on au QG de campagne d’Europe-Écologie.

Affichage sauvage

Coller oui, mais pas toujours de manière très légale. C’est en tous cas la stratégie prônée et parfois revendiquée par certains partis. A ce jeu là, le Front national s’est autoproclamé champion juste devant le NPA et le Front de Gauche. Le militant frontiste du Pas-de-Calais Freddy Baudrin s’en est fait une spécialité :

« Nous pratiquons le collage sauvage et nous le revendiquons. C’est pour nous le seul moyen de nous faire connaître et nous n’avons jamais eu de problème avec ça ».

Le NPA et le Front de Gauche rappelés à l’ordre

Ce n’est pas le cas de tout le monde. Le NPA et le Front de Gauche viennent de se faire rappeler à l’ordre par la mairie de Calais pour avoir pratiqué massivement l’affichage sauvage dans la ville ces derniers jours. Les « stickers » à l’effigie d’Olivier Besancenot fleurissent un peu partout dans la métropole lilloise également.

Pas d’affiche à l’emplacement n°2

Alors, ne vaut-il mieux pas adopter la stratégie du parti des Jeunes Agriculteurs qui, faute de budget suffisant, a décidé d’afficher seulement dans les campagnes, et uniquement sur les panneaux officiels. Pour Mickaël Poillion, chef de file des Jeunes Agriculteurs, la stratégie s’avère payante :

« Les gens se demandent pourquoi seul l’emplacement numéro 2 est vide. Cela nous fait de la pub… »

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