Alain Bocquet teste l’union de la gauche avec 2012 en ligne de mire

Alain Bocquet

Le député historique de la 20e circonscription du Nord remet ça. Comme en 2004, il brigue la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais, cette fois à la tête du Front de gauche, avec en ligne de mire la présidentielle de 2012.

Samedi 14 novembre, Alain Bocquet, député-maire de Saint-Armand-Les-Eaux (59), a annoncé qu’il serait tête de liste du Front de gauche (qui là réunit le PCF et le Parti de gauche).

En 2004, Alain Bocquet offrait à son parti, le PCF le joli score de 10,68% des suffrages au premier tour des régionales, derrière le socialiste Daniel Percheron, le Frontiste Carl Lang et l’UMP Jean-Paul Delevoye. Bon quatrième, il fusionne sa liste à celle PS-PRG-MRC menée par l’actuel président de la région Nord-Pas-de-Calais, mais se retire personnellement du second tour.

Cette fois, il déclare à France 3 Nord-Pas-de-Calais : « Je serai candidat au premier comme au deuxième tour ». (voir la vidéo)

JT France 3 14-11-09

Contrairement à ce que pourrait insinuer sa réponse à france 3, Alain Bocquet n’envisage pas forcément de maintenir sa liste, mais plutôt de rejoindre une liste d’union de la gauche après le premier tour.

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Derrière la « locomotive Bocquet », le Parti de Gauche renonce à la tête de liste du Front de gauche. Ugo Bernalicis, coordonnateur départemental du PG dans le Nord, précise : seule une alliance PS-Modem justifierait du maintien de la liste du Front de gauche au second tour.

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Vieux routier de la politique –il est député depuis 1978, maire depuis 1995 et président de la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut- Alain Bocquet élude d’une pirouette la question du cumul des mandats : « Moi, mes camarades m’ont demandé de conduire la liste.»

L’élu n’en est pas à son premier paradoxe . « Le Robin des bois des casinos », comme il se surnomme dans une interview accordée à la Voix du Nord, n’a jamais craché sur les subsides du groupe Partouche, qui gère, à Saint-Amand, le Pasino, deuxième casino de France.

« Peu après mon investiture en 2001, j’ai eu droit à la question suivante : “Allez-vous fermer le casino ?” J’ai répondu que j’étais contre les casinos, sauf celui de Saint-Amand. Je suis le maire d’une commune où les ouvriers troquaient leur bleu de travail pour la chemise blanche du croupier. Ça compte. »

« Je suis prêt. »

Cette rentrée, à l’occasion de la sortie du livre Un Marx, et ça repart (Cherche Midi) consacré à ses quarante-cinq ans de militantisme, Alain Bocquet n’a pas fait de mystère sur ses ambitions nationales. Dans une interview accordée en septembre au quotidien L’Humanité, l’élu communiste s’inquiète de la façon dont son parti prépare l’échéance présidentielle de 2012.

« Il est impensable qu’une candidature communiste ne puisse s’exprimer au moins au premier tour. Or j’ai l’impression qu’on n’en prend pas le chemin. (…) si on me fait confiance et qu’on estime que mon expérience peut apporter au combat commun, je suis prêt. »

Le baron local pourrait-il ravir la tête du PCF à Marie-George Buffet ? En tout cas, la manoeuvre aurait un goût de revanche pour celui qui faillit succéder à Georges Marchais à la tête du parti en 1994, mais fut doublé par Robert Hue.

Contacté, Alain Bocquet refuse pour le moment d’évoquer l’après-régionales : « A chaque jour suffit sa peine ».

Emmanuelle Bonneau et Yann Bouchez


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